jeudi 28 août 2014





Pour être quelqu'un, ici et maintenant,
il faut renoncer à être un autre, ailleurs ou plus tard
-Vladimir Jankelevith 



Jeudi le 28 août

Pampelune,

5 jours de marche et 60 kl d'acccomplis : une fatigue extrême : chaleur intense, ronfleurs et pertes de repères et un horaire qui est vraiment pas la mien pour ne pas dire contre nature.

Avec les côtés et les descentes très abruptes qui conviendraient nettement plus aux chèvres de montagnes qu'aux humains les kilomètres espagnols me semblent nettement plus longs que ceux de Parc MacDonald de mon quartier !

Je partageais cela avec une autre pèlerine et elle me disait qu'un kilomètre horizontal et un kilomètre à la presque verticale ne se calcule pas de la  même manière et qu'il était normal que je passe de 4 à l'heure à 2.  Ceci dit cela m'a vraiment découragé car dans mon petit guide la ligne etait horizontale mais je n'ai que monte et descendu toute la journée. Tous me disent que mon corps va s'habituer et s'ajuster ... La question du jour est :est ce que le corps de  la petite toutoune québécoise de 56 ans va s'ajuster et répondre à l'effort demande ?

Ceci dit quand arrive le moment que je touche la porte des auberges des pèlerins c'est un moment magique. Le bénévole qui vous acceuille est attentionné avec une qualité de présence remarquable et
tellement bienfaisant. Et que dire de la douche mi chaude et mi froide prise dans un cabinet tellement confin  je ne peux pas vous expliquer le bienfait de cette eau sur le corps. C'est presque nirvanique.

Et après le lavage des bas, des sous vêtement et de chandail du jour qui est trempé de sueur c'est l'heure de la sieste et ensuite c'est la rencontre avec l'international : il y a des représentants de partout c'est hallucinant l'ONU est en Espagne et devinez : toutes ces gens sont des personnes qui partagent sensiblement les mêmes valeurs : fraternité, partage, respect, échange, et soutien  .... Il y a vraiment de belles  conversations et de beaux silences et des communions de ressentis très touchants. Pour être autour de cette table il faut avoir suer sur le Camino c'est un peu une communion de sueurs, de fatigue, d'efforts et d'admiration devant la beauté spectaculaire de la nature et des lieux visites.

Hier soir autour de la table le groupe partageait la difficulté des up et des downs que le chemin nous proposait encore et encore et pour chacun de nous nous convenions que cela était à l'image de la vie des hauts et des bas et que la plupart d'entre nous  nous avons comme réflexe de résister.

Aujourd'hui apres avoir passé une nuit dans un ancien monastère tenu par de frère Maristes  qui reçoivent des pèlerins depuis des siècles j'ai fait que 5 kl tôt ce matin afin de visiter Pampelune  une très belle ville avec une citadelle, un château et une magnifique Cathédrale ... Que d'histoires que d'Histoire ! Que des petites rues toutes en couleur ! Que de beauté !

Et cette après-midi je me suis gâtée j'ai mangé dans un vrai bar à tapas espagnol : un délice après un autre.

Bon je vous laisse sur ces mots de gourmande. Le Camino nous ramène aux [ basics] dodo bouffe et relation avec soi et les autres.

En ce me concerne je réalise j'ai tendance a aller jusqu'au bout de mon énergie et que cela n'est pas nécessaire : le chemin sera la demain, il était la hier, avant-hier et il sera le même demain donc horizontal ou vertical il me faudra le faire en petite étape.

J'ai aussi réalisé que si je n'ai pas d'ADN de chèvre de montagne j'ai assurément celui de tête de cochon car je veux le faire et comme à 25 ans quand je suis partie pour une année en Europe mon mantra était I want, I CAN  and I Will . Ceci est remonte à la surface cette après-midi dans une méditation dans la cathédrale et cela m'a fait sourire et je me suis sentie un peu plus jeune pour quelques instants car des que je me suis levée j'ai senti mes courbatures et le besoin de venir m'étendre et donner à mon corps le repos auquel il aspire.

Lyse qui s'en va faire son dodo

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